Ce que les agences de santé publique disent du virus Zika pendant la grossesse, comment le dépistage fonctionne, et quelles mesures de voyage et de prévention protègent les parents et les bébés.
Pourquoi Zika importe surtout pendant la grossesse
Le virus Zika se transmet principalement par les moustiques Aedes, surtout Aedes aegypti, qui piquent pendant la journée, selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies. L'Organisation mondiale de la santé indique que l'infection pendant la grossesse provoque une microcéphalie et d'autres malformations congénitales, regroupées sous le nom de syndrome Zika congénital. Celles-ci peuvent inclure des contractures des membres, une hypertonie musculaire, des anomalies oculaires et une perte auditive. L'OMS estime que 5 à 15 pour cent des nourrissons nés de femmes infectées pendant la grossesse présentent des complications liées à Zika. Les malformations peuvent suivre une infection maternelle symptomatique ou asymptomatique, donc se sentir bien n'exclut pas un dommage. L'infection pendant la grossesse est aussi liée à la perte fœtale, à la mortinaissance et à la naissance prématurée, raison pour laquelle les agences de santé publique considèrent Zika comme une préoccupation prénatale sérieuse plutôt qu'une maladie éruptive bénigne.
Comment Zika se propage et qui est à risque
Les moustiques Aedes transmettent Zika et piquent pendant les heures de jour, donc la protection diurne compte. Le virus se transmet aussi par contact sexuel, et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies rapporte une transmission sexuelle par le sperme, dans un cas jusqu'à cinq à six semaines après le début des symptômes de l'homme. La transmission de la mère à l'enfant peut se produire, probablement à travers le placenta ou lors de l'accouchement. L'Organisation panaméricaine de la santé indique qu'environ une personne infectée sur quatre développe des symptômes, généralement bénins et durant de deux à sept jours. Environ 80 pour cent des infections sont asymptomatiques, selon l'ECDC. Cela signifie que de nombreux voyageurs ne savent jamais qu'ils ont été infectés, mais le virus peut tout de même affecter une grossesse. Le risque dépend donc de l'exposition et du moment, pas du fait de s'être senti malade.
Symptômes et limites de l'autodiagnostic
Quand les symptômes apparaissent, ils sont généralement bénins et durent environ deux à sept jours : éruption cutanée, fièvre légère, douleurs articulaires et musculaires, conjonctivite, maux de tête et douleurs lombaires. Le NHS cite parmi les signes courants une température élevée, des yeux rouges et douloureux et une éruption prurigineuse, et précise que la plupart des personnes présentent peu ou pas de symptômes. La période d'incubation est de trois à douze jours selon l'ECDC, et de trois à quatorze jours selon l'OPAS. Ces symptômes qui se recoupent et ne sont pas spécifiques signifient qu'on ne peut pas diagnostiquer le Zika à la façon dont on se sent. La dengue et d'autres flavivirus provoquent des maladies similaires, et les tests d'anticorps peuvent présenter des réactions croisées entre eux, ce qui rend la confirmation en laboratoire importante. Toute personne présentant des symptômes après un voyage dans une zone où la transmission est connue doit consulter un médecin plutôt que de deviner.
Tests : quels échantillons et quel moment sont révélateurs
Le diagnostic nécessite une confirmation en laboratoire, par RT-PCR ou test d'anticorps IgM, selon l'OMS. Le moment choisi détermine quel test est utile. L'ECDC indique que l'ARN viral peut être détecté dans le sang et la salive généralement durant les trois à cinq premiers jours après l'apparition des symptômes, parfois jusqu'à sept ou huit jours, et dans plusieurs cas dans l'urine jusqu'à deux à trois semaines après l'apparition. La recherche sérologique des anticorps IgM spécifiques du Zika peut être réalisée à partir du cinquième jour. L'OPAS note que la PCR est utile durant les trois à cinq premiers jours, la sérologie seulement après cinq jours. Les résultats d'anticorps positifs doivent être distingués de flavivirus présentant des réactions croisées comme la dengue. Si vous êtes enceinte et avez voyagé dans une zone à risque de Zika, une sage-femme ou un obstétricien peut organiser des analyses de sang et des échographies pour vérifier la croissance et le développement du bébé.
Conseils de voyage pour la grossesse et les projets de grossesse
Les organismes de santé publique emploient des formulations différentes mais adoptent une position similaire. L'ECDC conseille aux femmes enceintes et à celles qui prévoient une grossesse et qui ont l'intention de se rendre dans des zones de transmission étendue de reporter les voyages non essentiels, et à celles qui voyagent dans des zones de transmission sporadique de consulter un médecin ou une clinique de voyage. Le NHS conseille d'envisager d'éviter de voyager dans un pays à risque de Zika lorsqu'on est enceinte ou qu'on prévoit une grossesse prochainement. L'OPS et l'OMS ne recommandent pas de restrictions générales aux voyages, mais conseillent aux femmes enceintes de ne pas se rendre dans des zones où sévissent des flambées actives. Il s'agit de mesures de précaution, et non de la preuve que chaque voyage cause un dommage. Si le voyage est inévitable, planifiez selon les recommandations et parlez à un clinicien avant le départ, surtout si la grossesse est confirmée ou possible.
Rapports sexuels protégés, voyageurs de retour et délais de dépistage
La transmission sexuelle signifie qu'un retour d'une zone à risque peut compter, même sans piqûre de moustique à l'étranger. Selon l'OMS, les voyageurs revenant de zones de transmission devraient pratiquer des rapports sexuels protégés ou s'abstenir pendant trois mois pour les hommes et deux mois pour les femmes. Le NHS indique les mêmes délais de trois mois et deux mois, et précise que si la grossesse est déjà en cours, des préservatifs doivent être utilisés pendant et après le séjour ainsi que pour le reste de la grossesse. Si une grossesse est possible, utilisez des préservatifs dans une zone où le Zika est présent. L'OMS conseille aux femmes enceintes de pratiquer des rapports sexuels protégés, notamment en utilisant correctement et systématiquement des préservatifs, ou de s'abstenir pendant toute la grossesse. Consultez en urgence un médecin généraliste ou le NHS 111 après un voyage récent si des symptômes apparaissent, si l'un des partenaires est enceinte ou si l'un d'eux débute une grossesse dans les trois mois suivant le retour.
Prévention, traitement et quand consulter
Il n'existe ni traitement spécifique ni vaccin contre le Zika. La prise en charge repose sur le repos, l'hydratation et le soulagement des symptômes, selon l'OMS. La prévention passe par l'évitement des piqûres et la réduction de la reproduction des moustiques. L'OPS conseille de vider l'eau stagnante des récipients, de couvrir la peau, d'utiliser des répulsifs et des moustiquaires de jour. L'OMS cite les répulsifs contenant du DEET, de l'IR3535 ou de l'icaridine, ainsi que les vêtements couvrants et les moustiquaires, comme protection contre les piqûres pour les femmes enceintes dans les zones de transmission. Les barrières physiques ne sont efficaces que si elles sont intactes et correctement utilisées. Rarement, le Zika provoque le syndrome de Guillain-Barré ; un engourdissement, des picotements ou une faiblesse musculaire nécessitent des soins d'urgence. Les femmes enceintes vivant dans des zones de transmission, ou qui développent des symptômes, doivent consulter pour un dépistage, un accompagnement et des soins. L'OMS note que les femmes enceintes vivant dans des zones de transmission, ou qui développent des symptômes, doivent consulter pour un dépistage, un accompagnement et des soins, y compris éviter les piqûres et utiliser des répulsifs.
Sources
Cet article fournit des informations générales, pas un avis médical. Pour votre propre santé, consultez un médecin ou un pharmacien.
