Le Bti tue les larves de moustiques dans l'eau stagnante sans nuire aux personnes, aux animaux domestiques ni aux plantes. Pourtant, une revue de 2024 a mis en évidence de réels effets sur certains insectes non piqueurs, d'où l'importance de la surveillance.
Ce qu'est le Bti et comment il tue les larves
Bti est l'abréviation de Bacillus thuringiensis subspecies israelensis, une bactérie présente naturellement dans le sol. L'Agence américaine de protection de l'environnement explique que ses spores produisent des toxines qui agissent spécifiquement sur les larves de moustiques, de mouches noires et de moucherons des champignons. Une larve doit ingérer la toxine pour qu'elle agisse. La toxine endommage alors l'intestin, et la larve cesse de se nourrir et meurt. Parce que la bactérie doit être avalée, elle ne présente aucun risque pour les adultes qui se posent simplement sur une eau traitée. La même agence a homologué cinq souches dans 48 produits destinés à un usage résidentiel, commercial et agricole, principalement contre les larves de moustiques. Le Bti est donc un outil ciblé plutôt qu'un insecticide à large spectre.
Pourquoi l'eau stagnante est le lieu d'action
La lutte contre les moustiques est plus efficace avant que les adultes ne prennent leur envol. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies indique que la lutte contre le moustique tigre repose sur la réduction des sites de développement larvaire. Sa fiche technique précise que les œufs résistants à la sécheresse sont pondus au-dessus de la ligne d'eau, et non dans l'eau. Lorsque l'eau monte et recouvre ces œufs, ils éclosent. Le développement larvaire et nymphal dure ensuite de trois à huit semaines en Europe. Les femelles adultes peuvent survivre plus de trois semaines, et leur rayon de vol est limité à environ 200 mètres. C'est pourquoi un récipient dans un jardin peut contaminer toute une rue, et pourquoi le vider ou le traiter élimine une génération de moustiques piqueurs avant son apparition. L'eau stagnante offre aux larves nourriture et abri, donc la supprimer interrompt le développement avant que de nouveaux adultes puissent piquer les riverains.
Ce que le Bti fait aux personnes, aux animaux et à l'eau
L'EPA indique que le Bti n'est pas toxique pour l'être humain. Il peut être appliqué dans les habitats des moustiques sans effet néfaste sur les cultures vivrières ni sur l'approvisionnement en eau. Certains produits sont autorisés dans certaines eaux destinées à la consommation, comme les citernes, tandis que d'autres ne le sont pas, et c'est donc l'étiquette qui détermine ce qui est permis et où. Les étiquettes doivent toujours être respectées. Des études font état d'une toxicité minimale pour les abeilles mellifères, car les toxines n'affectent pas les autres types d'insectes. Cette action ciblée est la principale raison pour laquelle les équipes de santé publique utilisent le Bti dans des eaux que les gens utilisent aussi. Elle explique aussi pourquoi l'EPA ne signale aucune résistance documentée au Bti comme larvicide, citant des recherches sur des populations de moustiques traitées depuis des décennies.
Les données de 2024 sur la vie non ciblée
Une revue systématique de 2024 a examiné si des traitements répétés au Bti affectent des organismes autres que les moustiques. Elle a couvert 95 articles et 282 études de cas, d'une durée d'un jour à 21 ans, sur des surfaces allant de moins d'un mètre carré à plus de 10 000 mètres carrés. Les auteurs ont regroupé 119 variables de réponse en neuf catégories de résultats. Leurs méta-analyses, comparant des écosystèmes traités à des écosystèmes non traités, ont révélé un effet négatif constant sur l'abondance des Chironomidae, les moucherons non piqueurs, et des Crustacea, ainsi qu'un effet sur l'émergence des moucherons, tiré d'un ensemble plus restreint d'études et de régions. Pour la plupart des autres variables, les auteurs ont jugé la méta-analyse irréalisable en raison du trop petit nombre d'études ou d'un compte rendu insuffisant. Cette lacune dans les données signifie que la revue ne peut ni confirmer ni exclure des effets plus larges sur le reste du réseau trophique.
Ce que ce résultat implique pour un étang ou un fossé
Les moucherons non piqueurs et les petits crustacés nourrissent les poissons, les oiseaux et d'autres animaux sauvages. Leur disparition répétée peut se répercuter sur tout un plan d'eau, même si la revue n'a pas pu mesurer la plupart de ces effets plus larges. Les auteurs concluent qu'il ne faut pas écarter d'emblée la possibilité d'effets négatifs sur les organismes non ciblés. Ils indiquent aussi que tout programme de Bti devrait inclure une surveillance continue bien conçue. Pour un particulier, la leçon pratique tient à l'échelle. Traiter une cuve de récupération d'eau de pluie où se reproduisent les moustiques est un acte modeste et circonscrit. Traiter chaque regard, fossé et étang d'un quartier, saison après saison, est une intervention sur l'écosystème qui mérite d'être mesurée, pas supposée. Les décisions locales doivent donc correspondre à l'échelle du traitement, et un simple baril de pluie diffère d'un programme de fossés à l'échelle d'un district.
Comment le Bti est utilisé dans des situations réelles de flambée
La fiche d'information de l'ECDC rapporte que lors d'une flambée de dengue à Maurice en 2009, les autorités ont eu recours à la nébulisation et au traitement larvicide. La perméthrine, Bacillus thuringiensis israelensis sérotype H14 et le régulateur de croissance des insectes diflubenzuron ont servi à traiter les eaux stagnantes après la détection du moustique tigre dans de nouvelles zones. Trois outils différents apparaissent ensemble parce qu'ils remplissent des fonctions distinctes. La nébulisation d'adulticide cible les moustiques adultes volants pendant une courte période. Un larvicide comme le Bti réduit la génération suivante dans l'eau. Un régulateur de croissance des insectes empêche les larves d'atteindre la maturité. Les combiner montre que la réduction des sources larvaires accompagne les autres mesures, et ne les remplace pas, lors d'une véritable flambée. Ces outils ont été recensés ensemble, ce qui montre que la lutte larvicide constituait une partie de la riposte globale, et non la totalité de celle-ci.
Utiliser le Bti sans abandonner la lutte physique
L'ECDC note que la principale voie de dispersion du moustique tigre est le transport de marchandises constituant des habitats pour conteneurs, comme les pneus usagés et le lucky bamboo. L'eau dans une soucoupe, un seau ou un vieux pneu suffit. Vider ou couvrir ces conteneurs est gratuit, réitérable et ne nécessite aucun produit. Le Bti couvre ensuite l'eau que vous ne pouvez pas vider, comme un baril de pluie ou un drain qui retient l'eau. Suivez l'étiquette exactement, y compris les eaux autorisées. Lorsqu'un programme est répété sur une saison, demandez qui surveille la vie non cible signalée par la revue de 2024. Les barrières physiques et la réduction à la source restent une véritable protection lorsqu'elles sont correctement spécifiées, intactes et correctement utilisées. Ce placement du contrôle larvaire à côté des mesures physiques soutient une approche par couches plutôt que le recours à une seule méthode.
Sources
- Agence des États-Unis pour la protection de l'environnement : le Bti pour la lutte contre les moustiques
- Environmental Evidence, indexé par PubMed : Effets de la lutte contre les moustiques à l'aide de l'agent microbien Bacillus thuringiensis israelensis (Bti) sur les écosystèmes aquatiques et terrestres : une revue systématique
- Centre européen de prévention et de contrôle des maladies : Aedes albopictus - Fiche d'information pour les experts
