Deux signaux méditerranéens se distinguent au cours de l'été 2026 : l'Italie affiche la diffusion du virus du Nil occidental la plus large d'Europe et la Grèce connaît l'une des hausses récentes les plus rapides. Aucun ne constitue une arrivée nouvelle. Le moustique tigre est implanté dans toute l'Italie, et le virus du Nil occidental réapparaît en Grèce presque chaque année depuis 2010. Ce billet présente les deux comme une présence saisonnière établie, expose les chiffres de surveillance datés et indique les gestes concrets que les foyers peuvent maîtriser.
Par Mosticare Editorial, 25 juillet 2026
Deux signaux méditerranéens se distinguent au cours de l'été 2026. L'Italie affiche la diffusion du virus du Nil occidental la plus large de tous les pays européens cette saison, et la Grèce a enregistré l'une des hausses récentes les plus rapides. Aucun ne constitue une arrivée nouvelle. Le moustique tigre asiatique est implanté dans une grande partie de l'Italie, et le virus du Nil occidental est revenu en Grèce presque chaque année depuis plus d'une décennie. Correctement interprétés, ils marquent une présence saisonnière établie, et non l'ouverture d'une nouvelle urgence. Pour le tableau clinique qui explique pourquoi ces chiffres comptent, voir la revue italienne sur la gravité neuro-invasive apparentée et, pour le signal nord-ouest européen au sens large, l'étude néerlandaise de surveillance sentinelle Une seule santé. Pour le concept plus large d'un été réceptif, l'explication sur la réceptivité expose comment l'ECDC distingue la présence du vecteur d'une transmission locale active.
Ce billet réunit les deux, car il s'agit de la même histoire racontée en deux lieux. Tous deux se situent dans un bassin méditerranéen qui se réchauffe. Tous deux impliquent des moustiques qui y vivent déjà. Et tous deux sont suivis, semaine après semaine, par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies aux côtés des agences nationales de santé publique. La carte des menaces Mosticare propose la synthèse grand public alignée sur les mêmes chiffres hebdomadaires. La réponse pratique à Rome comme à Athènes est la même que partout ailleurs avec un été réceptif : lire la surveillance, réduire les sites de reproduction et prévenir les piqûres.
Le tableau européen de la surveillance au 22 juillet
L'ECDC ouvre un tableau de bord hebdomadaire dédié au Nil occidental pour chaque saison de transmission. Dans le rapport couvrant les données jusqu'au 22 juillet 2026, six pays avaient enregistré 81 cas humains acquis localement : Italie 46, Grèce 21, Macédoine du Nord 5, Roumanie 5, Espagne 3 et France 1. Neuf zones étaient signalées comme concernées pour la première fois cette semaine, ce qui correspond à une saison qui s'ouvre activement. Le résumé par pays est repris dans la carte des menaces Mosticare destinée au grand public, qui consigne les mêmes chiffres ECDC par pays pour la semaine en cours.
Deux éléments comptent pour lire ces chiffres. Premièrement, il s'agit de cas acquis localement, c'est-à-dire contractés dans le pays plutôt qu'importés par un voyageur. Deuxièmement, l'activité du virus du Nil occidental en Europe se construit historiquement en août et septembre, de sorte qu'un total en milieu d'été est un indicateur avancé plutôt qu'un total de saison. Les chiffres confirment la circulation ; ils ne préjugent pas de l'endroit où la saison se terminera.
Rome et le Latium : un moustique implanté, une saison du Nil occidental précoce
L'intérêt de recherche pour la lutte contre les moustiques à Rome reflète une caractéristique réelle de la ville et de sa région. Le moustique tigre, Aedes albopictus, est un résident établi de l'Italie. L'instantané de répartition de juin 2025 de l'ECDC recense l'espèce implantée dans 369 régions réparties dans 16 pays de l'UE/EEE, l'Italie figurant parmi les environnements les plus favorables d'Europe. À Rome, comme dans une grande partie du pays, le moustique tigre est un piqueur diurne bien établi plutôt qu'un hôte récent.
Le virus du Nil occidental est transmis par un moustique différent, le Culex nocturne, et lui aussi fait partie de l'été italien. La surveillance humaine nationale est coordonnée par l'Istituto Superiore di Sanità avec le Ministero della Salute, qui transmet les données à l'ECDC. L'ISS a qualifié 2026 de saison exceptionnellement précoce, avec des cas humains apparus dans plusieurs régions dont le Latium, et la détection du virus chez les moustiques en Émilie-Romagne à la mi-juin, le moment le plus précoce depuis le début de la surveillance en 2008.
Pour la région autour de Rome, le contexte clinique est présenté dans une revue 2026 de l'Institut Spallanzani, Institut national des maladies infectieuses de Rome. L'éditorial Mosticare apparenté sur cette revue, Gravité neuro-invasive du Nil occidental : la revue clinique italienne, retrace le même tableau clinique depuis la fraction neuro-invasive inférieure à 1 pour cent et le taux de létalité pouvant atteindre 17 pour cent jusqu'à l'absence d'antiviral ou de vaccin humain autorisé. Ensemble, la revue et l'éditorial placent le Latium, la région qui contient Rome, comme épicentre émergent d'un flavivirus sensible au climat désormais endémique en Europe. Endémique est le mot opérant. Le virus n'arrive pas dans le Latium ; il s'y installe depuis des années dans une présence saisonnière qui s'élargit, et une revue faisant autorité sur la gestion de sa forme grave s'inscrit dans une réponse mature à cette réalité.
La réponse italienne est un programme coordonné plutôt qu'une mesure isolée. Le plan national de lutte contre les arboviroses du Ministero della Salute, renforcé pour la saison vectorielle 2026 par la circulaire n° 1510 du 28 avril 2026, définit une approche Une seule santé : notification rapide des cas humains et animaux, enquête entomologique et lutte antivectorielle axée d'abord sur l'élimination des eaux stagnantes où se développent les larves. Lorsqu'un cas confirmé apparaît, les autorités sanitaires locales ciblent la désinsectisation autour du site. La lutte contre les moustiques à Rome, autrement dit, est une tâche publique et domestique qui fonctionne en parallèle, et son premier levier est l'élimination des sites de reproduction.
Grèce : le Nil occidental comme présence saisonnière établie
La Grèce est l'illustration la plus claire d'une présence établie dans ce billet. Au 22 juillet 2026, l'Organisation nationale de santé publique (EODY) avait recensé 21 cas humains acquis localement pour la saison. Parmi eux, 20 ont développé une atteinte du système nerveux central, telle qu'encéphalite, méningite ou paralysie flasque aiguë, tandis qu'un seul a présenté des symptômes bénins. Aucun décès n'avait été enregistré, 13 patients étaient hospitalisés, et 14 des cas avaient été signalés au cours de la seule semaine précédente. La grande majorité se trouvait en Attique, la région autour d'Athènes.
L'évaluation de l'EODY elle-même est l'élément important pour la mise en perspective. L'agence note que les cas de Nil occidental réapparaissent en Grèce presque chaque année depuis 2010, ce qui indique que le virus s'est implanté dans le pays, un schéma observé dans plusieurs autres nations européennes. Sur cette base, l'EODY a considéré le retour des cas pendant la saison des moustiques 2026, dans des zones historiquement affectées et potentiellement dans de nouvelles, à la fois comme probable et comme attendu. Il ne s'agit pas de l'histoire d'un virus atteignant la Grèce pour la première fois. C'est le retour, routinier mais sérieux, d'un agent pathogène résident de l'été, et l'agence recommande la protection personnelle contre les piqûres de moustiques dans tout le pays, car elle ne peut prédire à l'avance quelles zones seront concernées.
Les chiffres grec et italien se corroborent également par une source unique. Le même rapport hebdomadaire de l'ECDC qui place l'Italie à 46 cas place la Grèce à 21, ce qui correspond au chiffre national de l'EODY. Lorsque le système de surveillance paneuropéen et l'agence nationale s'accordent, la lecture est plus solide.
Pour l'ampleur géographique au sens large, l'étude néerlandaise de surveillance sentinelle Une seule santé de la même famille de signalements (renards et fouines sauvages aux Pays-Bas testés positifs au virus du Nil occidental et à l'Usutu) montre que le système flavivirus transmis par les moustiques s'étend bien au-delà de l'empreinte méditerranéenne et sud-est européenne que l'ECDC consigne dans son décompte hebdomadaire des cas humains, et que la lecture endémique s'applique aussi bien de l'Attique au nord-ouest.
Mettre le risque sanitaire à sa juste proportion
Un virus implanté mérite de l'attention, pas de l'alarme, et les proportions sont bien documentées. L'Organisation mondiale de la Santé indique qu'environ 80 pour cent des infections par le Nil occidental ne provoquent aucun symptôme, et qu'environ 1 sur 150 devient grave, affectant le système nerveux. Pour la distinction sous-jacente entre une région réceptive à la transmission locale et une région où une transmission locale se produit effectivement, voir l'explication sur la réceptivité, qui expose les quatre conditions qui doivent s'aligner avant qu'une chaîne d'infection locale puisse se refermer.
La minorité grave est véritablement dangereuse, et c'est pourquoi la surveillance existe. La revue Spallanzani note que moins de 1 pour cent des infections évoluent vers la forme neuro-invasive, mais que cette forme présente un taux de létalité pouvant atteindre 17 pour cent, et qu'aucun antiviral ni vaccin humain n'étant autorisé, les soins hospitaliers restent de soutien. Deux faits se tiennent donc ensemble sans s'annuler : la plupart des personnes infectées par le Nil occidental ne le savent jamais, et la forme neuro-invasive rare est grave. Le chiffre de 17 pour cent est le taux de létalité de cette forme sévère, et non celui de l'infection par le Nil occidental en général, et le considérer comme un risque global dénaturerait la lecture des données.
Ce que les foyers peuvent maîtriser
La carte régionale et le rapport de surveillance n'entrent pas dans le périmètre d'action des foyers. La carte des menaces Mosticare propose les décomptes nationaux et régionaux dérivés de l'ECDC qui se mettent à jour au fil de la saison, permettant aux lecteurs de suivre où les cas sont actuellement enregistrés ; la liste de prévention ci-dessous est la couche domestique qui ne change pas avec les chiffres. Les sites de reproduction et les piqûres le sont souvent, et la même courte liste s'applique à Rome, à Athènes et partout où l'été est réceptif.
- Vider ou couvrir chaque semaine les eaux stagnantes. Vérifiez les soucoupes de pots, seaux, arrosoirs, gouttières bouchées, jouets, siphons d'évacuation et bâches pliées. C'est la mesure unique qui élimine les moustiques avant qu'ils ne puissent voler, et c'est le premier levier du plan national italien.
- Adapter la protection au moment des piqûres. Les moustiques Culex, qui transmettent le Nil occidental, sont surtout actifs du crépuscule à l'aube. Les moustiques tigres piquent principalement le jour. Couvrez ces deux fenêtres.
- Utiliser des barrières physiques. Installez des moustiquaires intactes aux fenêtres et aux portes, et utilisez une moustiquaire bien ajustée au-dessus des lits, des berceaux et des espaces de repos diurne.
- Utiliser un répulsif efficace en cas d'exposition prolongée. Suivez la notice pour le DEET, la picaridine ou un autre produit recommandé par votre autorité de santé publique, et considérez-le comme un complément à une barrière, non comme un remplacement.
- Suivre les conseils locaux en vigueur. Un cas local confirmé peut modifier la réponse recommandée en cours de saison, et l'ISS comme l'EODY mettent à jour leurs orientations à mesure que l'été avance.
Aucune mesure isolée n'élimine tout le risque. La réduction des sources abaisse les populations locales de moustiques, les moustiquaires réduisent le contact à l'intérieur, et les vêtements et répulsifs ajoutent une protection lorsque les personnes restent à l'extérieur. En l'absence de vaccin ou d'antiviral spécifique contre le Nil occidental, cette couche de prévention est la couche fiable pour les foyers cette saison.
Avertissement médical
Cet article délivre des informations générales de santé publique, et non un avis médical. Le risque évolue au cours de chaque saison de transmission. Consultez l'ECDC, l'EODY, l'ISS et votre autorité sanitaire nationale ou locale pour les orientations en vigueur. Sollicitez des soins médicaux après une exposition aux moustiques si vous développez de la fièvre, une éruption cutanée, des douleurs articulaires sévères, une confusion, une raideur de la nuque ou d'autres symptômes préoccupants.
Sources citées
- ECDC, surveillance hebdomadaire des infections humaines par le virus du Nil occidental en Europe, données au 22 juillet 2026.
- EODY, rapport épidémiologique hebdomadaire sur le virus du Nil occidental, Grèce, 22 juillet 2026.
- ISS EpiCentro, bulletin intégré de surveillance des virus du Nil occidental et Usutu.
- Ministero della Salute, programme national de prévention et de réponse aux arboviroses, circulaire n° 1510 du 28 avril 2026.
- ECDC, Répartition actuellement connue d'Aedes albopictus : juin 2025, mis à jour le 1er juillet 2025.
- ECDC, Orientations de santé publique pour évaluer et atténuer le risque de maladies virales transmises par les Aedes acquises localement dans l'UE/EEE, 1er juillet 2025.
- Reviews in Medical Virology (Institut Spallanzani, Rome), revue sur la maladie neuro-invasive du Nil occidental, 2026, PMID 42431607.
- OMS, Virus du Nil occidental.
Dernière mise à jour le 25 juillet 2026.
Publié le 2026-07-25 · Mosticare Editorial
